16 bis avenue Elis�e-Reclus (7e arrondissement)


Apr�s les excentricit�s de Lavirotte, l'immeuble d'Alexandre Barret (1863-1921) para�tra d'une sagesse un peu nue, mais � combien salutaire et rafra�chissante. Cet architecte est suffisamment rare � Paris pour m�riter un petit d�tour. Rest� adepte du rationalisme cher � Viollet-le-Duc et Anatole de Baudot - qui pr�nait un retour � l'authenticit� de l'architecture, et dont l'Art Nouveau s'est maintes fois r�clam� -, on le conna�t surtout pour quelques belles r�alisations � Boulogne-Billancourt -o� il fut architecte municipal -, en particulier une charmante petite maison sur l'avenue de la Reine, miraculeuse pr�serv�e, la salle des F�tes et la maison de repos de la rue des Abondances. Barret laisse toujours clairement appara�tre les lignes de force de ses constructions, principalement con�ues comme des volumes clairement reconnaissables en fa�ade, auxquels le d�cor, toujours sobre, est compl�tement soumis. Ici, sur l'avenue Elis�e-Reclus, le porche d'entr�e est parfaitement isol� et la cage d'escalier signal�e par une forte saillie ; sur le Champ-de-Mars, les espaces sont soulign�s par un jeu d'arcs au rythme joliment irr�gulier. En somme, un petit bijou tout simple, o� les �l�ments sculpt�s ou color�s - quelques carreaux et panneaux de Bigot - restent toujours tr�s discrets.
Il n'a pas �t� simple de retrouver la date de construction de ce bel immeuble. Par chance, il a �t� plusieurs fois publi� � son �poque, et notamment dans les "Monographies de b�timents modernes" de Raguenet (n�241). Celles-ci nomment clairement l'architecte, mais ne font qu'�voquer sommairement le propri�taire, sous le nom de "M. de T...". Ces quelques informations suffisent heureusement � retrouver la demande de permis de construire, � la date du 11 avril 1907. Cette fois, l'architecte n'est m�me pas mentionn�, mais le commanditaire est plus pr�cis�ment identifi� : de Tavernier, demeurant alors au 67, rue de Prony. La publication de Raguenet apporte plusieurs autres pr�cisions int�ressantes. En premier lieu, que l'�difice fut con�u comme un vaste h�tel particulier, mais avec la singularit� des deux derniers �tages, qui �taient propos�s � la location. Ensuite, gr�ce � ses beaux dessins, elle propose des vues d'un majestueux grand salon, ouvert sur le jardin, d'un Art Nouveau joliment teint� de style roman, et nous apprend alors que le sculpteur ayant r�alis� sa d�coration �tait Pierre Seguin, un bel artiste qui collabora � plusieurs autres belles maisons de style 1900.Ce salon existe-t-il toujours aujourd'hui ? On aimerait l'esp�rer.