
Je ne sais pas pourquoi, mais on m�a fr�quemment parl� de Vichy ces derniers temps. D�abord pour me signaler des balcons �style Guimard�, au 53-55, boulevard Carnot (mais il y en a �galement sur un immeuble de l�avenue Jean-Jaur�s), puis pour me signaler cette amusante maison du boulevard de Strasbourg. Merci donc � O. P. de participer � notre jeu avec cette curiosit�. Je ne doute pas qu�elle plaira !

Les proportions de l��difice sont modestes, mais l�architecte en a magnifi� l�apparence avec une curieuse d�coration, destin�e � souligner l�ar�te du toit et la fen�tre du combe. Quoique bien simples, les lignes de cette ornementation ne manquent pas d�originalit�, m�me si leur �paisseur et leur dessin malhabile rel�vent d�une certaine na�vet�.
Malgr� son charme certain, cet �l�ment ne suffirait pourtant pas � signaler la maison � nos regards presque blas�s par tant de chefs-d��uvre d�j� rencontr�s. L�artiste a donc ajout� des balcons, une rambarde d�escalier et une cl�ture, d�un dessin beaucoup plus compliqu�, visuellement tr�s impressionnants. Le travail de sculpture, autour des ouvertures, est beaucoup moins convaincant, m�me s�il reste dans le ton, comme les huisseries de toutes les fen�tres.

On regrettera n�anmoins l�actuel cr�pi de l��difice, d�une affligeante platitude. Comment �tait-il � l�origine ? Sans doute y avait-il un �l�ment color� un peu plus d�monstratif et sympathique. Et on bl�mera le cr�ateur de n�avoir pas �t� plus audacieux dans la conception tr�s conventionnelle de sa porte d�entr�e - pourtant un morceau de bravoure des architectes 1900 ! -, ni dans celle des vitraux de son imposte.
En consultant la base M�moire - toujours utile pour les constructions de cette �poque -, on pourra constater avec plaisir que cette maison est inscrite � l�inventaire des Monuments historiques. On lui attribue, au passage, la date de 1904, sans que cet �l�ment historique soit justifi� d�une fa�on quelconque (ce qui arrive malheureusement assez fr�quemment sur ce site). Prenons donc l�information pour ce qu�elle vaut.


Ne quittons �videmment pas Vichy sans �voquer l��tablissement thermal et le casino, chefs-d��uvre de Charles Lec�ur, qui m�ritent amplement le d�tour, pour ses gr�s de Bigot, ses sculptures du toujours d�licat Pierre Seguin, mais aussi, � l�int�rieur, pour les merveilleuses peintures murales d�Osbert. Cet ensemble imposant, un peu plus tard compl�t� par Charles Letrosne - rel�ve d�un Art Nouveau totalement assimil� par l��clectisme encore triomphant � cette �poque, mais dont les gr�ces s��taient d�elles-m�mes impos�es pour leur caract�re festif, presque indispensable dans une ville thermale de cette �poque, o� les curistes passaient beaucoup plus de temps dans les divers lieux de divertissement de la ville qu�� boire quelques verres d�eau quotidiens.