50 avenue Victor Hugo (16e arrondissement)


Le 20 f�vrier 1901, M. Hubert fit publier une demande de permis pour l�immeuble qu�il d�sirait se faire construire avenue Victor-Hugo. Cet �difice devait �tre le plus parfait chef-d��uvre de toute la carri�re de Charles Plumet (1861-1928), ouvrage exemplaire de sa p�riode �classique�. De ses pr�c�dents essais - et notamment l�immeuble de la rue de Tocqueville, de 1897 -, il conserva, comme une signature, la galerie ouverte des �tages sup�rieurs, l�originalit� tr�s �l�gante du travail de ferronnerie et la fa�on toujours assez conventionnelle de placer les �l�ments sculpt�s.












Mais cette nouvelle fa�ade est parfaitement sym�trique, � l�exception de la porte d�entr�e, l�g�rement d�centr�e. Plumet s�y r�f�re compl�tement, et pour la premi�re fois, � l�architecture classique du XVIIIe si�cle, dont il reprend les rythmes sobres et la rigueur presque d�nu�e de fantaisie. Aucune surprise, donc, mais une qualit� sans d�faut. Pour la partie sculpt�e, il fit appel � Lucien Schnegg, un des praticiens d�Auguste Rodin, qui orna les dessous de balcons de t�tes entour�es de v�g�taux, exactement comme on le faisait d�j� � l��poque de Louis XV. Sous les deux grands bow-windows lat�raux, ces visages sont des t�tes d�hommes aust�res, ressemblant �trangement � des personnages du Directoire, dont ils adoptent la coiffure caract�ristique. Mais le morceau de bravoure du sculpteur reste l�entourage de la porte d�entr�e, avec ses deux femmes nues gracieusement allong�es, occup�es � manger des fruits.


A l�int�rieur, la cage d�escalier est un autre morceau de bravoure, imitant celles des grands h�tels particuliers du XVIIIe si�cle, avec marbre et rampe en fer forg� travaill�e avec virtuosit�. Si l�Art Nouveau est malgr� tout pr�sent avec force dans ce magnifique travail de ferronnerie, il ne l�est pas moins dans les vitraux, � la fois simples et pr�cieux, limit�s � des entourages abstraits, dans une gamme color�e tr�s limit�e, autour d�un quadrillage de verre blanc.
Le 16 octobre de la m�me ann�e, Hubert fit une seconde demande de permis pour la m�me parcelle : il venait de demander � Charles Plumet d�ajouter un petit h�tel particulier, au fond de la cour de l�immeuble. Ce d�licat petit �difice accueillit pendant plusieurs ann�es le mus�e Dapper, ce qui permit alors d�en admirer les d�licats volumes int�rieurs. Pendant cette p�riode, la cour �tait d�cor�es de plantes africaines d�un effet joliment exotique. Mais, depuis, le mus�e s�est d�plac� dans une rue adjacente et tout est revenu dans son �tat originel.

Plumet allait, douze ans plus tard, construire un immeuble tr�s similaire, un peu plus loin dans la m�me rue, mais sur le trottoir oppos�. La comparaison avec l�immeuble de 1901 est assez cruelle pour l��uvre de 1913, o� l�esprit semble ne plus souffler avec le m�me naturel, ni la m�me vitalit�. Mais, entre-temps, le mod�le propos� au n�50 aura �t� compris, repris, assimil� et imit�, tant � Paris que dans de nombreuses autres villes fran�aises.