17, 19, 21 rue La Fontaine, 8, 10 rue Agar et 43 rue Gros (16e arrondissement)


L�ensemble immobilier de la rue Agar fut une des entreprises les plus ambitieuses de Guimard. Con�u sur des terrains de son ami et principal commanditaire, l�industriel L�on Nozal, le projet devait comporter treize immeubles. Pour en assurer la promotion et la gestion, la Soci�t� immobili�re de la rue Moderne fut cr��e, regroupant l�ensemble des partenaires financiers de l�architecte. Sous des appellations diff�rentes, elle allait �tre � l�origine d�autres projets sp�culatifs, avant et apr�s la Grande Guerre.
En commen�ant la construction par les �difices ouvrant sur la rue La Fontaine, Guimard nous a permis de juger de l�allure que l�ensemble achev� aurait pu avoir. Car six d�entre eux, seulement, purent �tre r�alis�s.
La demande de permis de quatre premiers immeubles date du 3 juin 1910 : elle �tait relative � l�int�gralit� du bloc d�limit� entre la rue La Fontaine et la future rue Agar, alors tr�s symboliquement appel�e �rue Moderne�. Mais l��difice int�rieur n�allait jamais �tre construit.












Le 9 juillet suivant, une nouvelle demande fut publi�e, pour le 21, rue La Fontaine. On en resta l� pendant plus d�une ann�e, la soci�t� immobili�re commen�ant rapidement � conna�tre des difficult�s. C�est d�ailleurs sous une nouvelle appellation - la Soci�t� g�n�rale de constructions modernes -, qu�elle publia un dernier permis, pour les deux immeubles finalement construits dans la rue Agar, le 27 novembre 1911.
Malgr� son caract�re inachev�, ce vaste ensemble d�immeubles donne une assez bonne id�e de ce qu�aurait pu �tre une �rue Guimard�. Dans son style �classique�, faisant un bel usage de la pierre de taille et de ses mod�les de fontes artistiques, l�architecte a dessin� des �difices bourgeois, tr�s �l�gants, avec de jolies id�es de toitures arrondies pour prot�ger quelques fen�tres des derniers �tages. Les portes d�entr�e, pour leur part, ont une fine d�coration sculpt�e d�influence m�di�vale en forme de pinacle. Mais on sent malgr� tout une certaine difficult� � varier les fa�ades. Il n�est pas interdit d��tre d��u par une telle uniformit�, � l�image de tous ces vestibules, assez sobres, aux ornements stuqu�s toujours tr�s inventifs, mais o� l�architecte, d�j� rentr� dans le rang, ne s�essaie plus � quelque nouvelle acrobatie d�corative. Les appartements, de la m�me fa�on, se voulaient d�une pareille �l�gance, fonctionnels, rassurants.

Un joli d�tail m�rite d��tre admir� : le grand cartouche sculpt�, appos� � l�angle du 43, rue Gros, en l�honneur de la trag�dienne Agar, dont la rue nouvelle prit finalement le nom. Cette inscription fit l�objet d�une inauguration, dont la revue �La Construction moderne� rendit compte en d�tails. Malheureusement, cet article fut un des seuls � avoir signal� la naissance du groupe immobilier. Et encore ! Guimard dut lui-m�me prendre la plume pour assurer la promotion de son travail.

Il serait dommage de quitter la rue Agar sans aller en admirer l�esquisse, au 11, rue Fran�ois-Millet tout proche. Con�u pour E. Tr�mois, ce joli immeuble fit l�objet d�une demande de permis publi�e le 24 ao�t 1909. L�essentiel de la structure et du style des �difices de la rue Agar s�y reconna�t d�j�. Mais son isolement le rend sans doute beaucoup plus remarquable. La vente des appartements fit l�objet d�une publicit� o� il �tait d�clar� que l�eau chaude �tait gratuite..., un argument de vente qui fut ensuite conserv� pour les six immeubles de 1911.