14-16 rue du Louvre et rue Bailleul (1er arrondissement)














Frantz Jourdain a �t� une des figures majeures de l�architecture fran�aise, apr�s la mort de Charles Garnier, survenue en 1898. En bon h�ritier de l��cole rationaliste, il avait tr�s t�t critiqu�, dans un roman fort divertissant rapidement devenu c�l�bre, l�Atelier Chantorel, l�ensemble du syst�me acad�mique de l��cole des Beaux-Arts. La jeune g�n�ration reconnut en ce pol�miste un v�ritable p�re spirituel, et l�Art Nouveau y trouva un de ses meilleurs d�fenseurs. L�esprit progressiste de cette forte personnalit� alla jusqu�� le conduire � fonder le Salon d�Automne en 1903, d��u par les Salons officiels d�j� existants, que l�art moderne avait en grande partie d�sert�s.
N�anmoins, ce th�oricien talentueux fut un architecte tr�s paradoxal, capable d��lever des ch�teaux ou des h�tels particuliers dans tous les styles historiques possibles, en m�me temps que la fameuse Samaritaine qu�il lui assura la gloire.
C�est d�ailleurs pour Cognacq, le propri�taire de ce grand magasin et son principal commanditaire parisien, qu�il projeta cet immeuble tardif, dont la demande de permis fut publi�e le 6 octobre 1910.

Jourdain s�y montre fort habile, notamment dans la superposition des fen�tres des derniers �tages, dans le dessin de certaines ferronneries - dont celle, superbe, de la porte d�entr�e -, dans la d�licatesse d�une sculpture discr�te ou dans les curieux panneaux de b�ton nu, orn�s de petits motifs floraux en c�ramique, qui colorent tout le soubassement du balcon du deuxi�me �tage. On notera le d�tail singulier de la signature, reproduction exacte de l��criture de Jourdain.