
Une carte postale d��poque rappelle que cet h�tel de tourisme, devenu c�l�bre sous le nom de Ceramic Hotel, s�appelait � l�origine �Logiluxe Parisien�. Son commanditaire �tait une femme, Mme Russeil, qui fit publier sa demande de permis le 25 novembre 1902. Malgr� l��troitesse de la parcelle, la construction dura certainement plus d�un an, puisque la signature de Jules Lavirotte, exag�r�ment visible sur la fa�ade, est suivie de la date de 1904. Elle est accompagn�e de celle du c�ramiste, Alexandre Bigot, et du sculpteur, Alaphilippe, que nous avions d�j� rencontr� rue de Hanovre, o� il travailla en 1908.

La fa�ade est enti�rement couverte de briques verniss�es et de gr�s flamm�. Le d�cor, principalement floral - en dehors de quelques hannetons, sorte de signature embl�matique de l�architecte -, est d�une exquise po�sie, notamment par la pr�sence d�immenses jarres d�o� s��l�ve une luxuriante glycine. Ailleurs, on peut reconna�tre des coings, au milieu de branchages plus ind�termin�s. Les derniers �tages avouent une curieuse et amusante influence �gyptienne, jusque dans le choix des couleurs, limit�es au blanc, � l�ocre et au vert.


A l�origine, ce ravissant �difice servait probablement � louer des appartements meubl�s, aux touristes d�sireux de r�sider pr�s de la place de l�Etoile et des Champs-Elys�es, mais d�nu�s de la fortune des habitu�s des palaces. Son d�cor assez sobre - Lavirotte pouvait difficilement surpasser la d�bauche ornementale de son immeuble de l�avenue Rapp -, suffisait � lui servir d�enseigne, jolie tache de couleur dans la grisaille ambiante de fa�ades blanches tr�s sagement align�es.
Le jury du concours de fa�ades de la ville de Paris ne s�y trompa pas. Il d�cerna une nouvelle prime � Lavirotte, en 1905, pour sa fa�ade aux volumes joliment vari�s et au d�cor po�tique, gaiement color�.