21 rue Octave-Feuillet (16e arrondissement)


Le peintre Borchardt n�a pas laiss� un bien grand nom dans le monde de l�art. Les seules �uvres que je connaisse de lui le signale comme un adepte bien tardif du n�o-impressionnisme. Mais sans doute connut-il un certain succ�s � son �poque, pour avoir eu les moyens de commander un petit, mais tr�s �l�gant h�tel particulier, � l�architecte Charles Plumet, � une date o� celui-ci �tait devenu tr�s connu dans le milieu de la construction. C�est avec le nom un peu d�form� de �Borcharot� qu�il appara�t dans les demandes de permis de construire, � la date du 28 septembre 1907.











Con�u quelques mois avant le magnifique immeuble construit par Du Bois d�Auberville au n�19 - et achev� quelques deux ann�es plus t�t -, l�h�tel Borchardt se pr�sente avec toute la nudit� dont l�Art Nouveau fut quelquefois capable. Plumet se contenta, du projet jusqu�� la r�alisation finale, d�un subtil jeu d�ouvertures, � la sym�trie perp�tuellement perturb�e, notamment par la pr�sence d�une trav�e lat�rale, r�serv�e � la cage d�escalier. Un sobre mouvement de vague, gonflant l�g�rement une partie de la fa�ade, suffit � d�finir le style de la maison et � lui donner l�audace formelle que de plus amples ornements auraient certainement contrari�e.
L�architecte se pla�t ici � un jeu d�licat entre les murs de brique claire et les encadrements de pierre de taille, parfois limit�s � quelques points de soutien, et � une d�licate ponctuation, au rez-de-chauss�e, produite par des ferronneries d�une �l�gante sobri�t�.

D�sireux d�une totale simplicit�, il se refusa m�me � tout ornement sculpt� pour la porte d�entr�e, en dehors d�une gorge profonde qui souligne le dessin de son entourage, et d�une discr�te et pr�cieuse poign�e, � motif certainement floral, mais o� il n�est pas interdit de deviner la trompe d�un �l�phant par� de ses ornements de parade.

Un autre projet de petit h�tel dans le m�me quartier, au 3 rue Marbeau, fut demand� par M. P�neau, qui en publia la demande de permis le 28 octobre 1907. Les deux �difices �taient donc parfaitement contemporains. Mais l�h�tel de la rue Marbeau semble ne pas avoir �t� r�alis�, m�me si des dessins furent publi�s dans la presse de l��poque. Presque aussi sobre que celui de la rue Octave-Feuillet, il n�en avait n�anmoins pas l�audace. Nous nous f�liciterons donc que, entre les deux, le destin ait choisi que seul celui-ci ait �t� construit.