Jeu 2016 - Envoi n�11 : 75 Digue de Mer (Dunkerque - Nord)


Terminons notre petite visite de Dunkerque, toujours en compagnie de O. P., avec deux �difices de Jules Potier (1872 -1926). Cet architecte �tait le neveu de Gabriel Pagnerre, architecte tr�s f�cond dans le d�partement du Nord.
Potier semble avoir �t� plus sp�cifiquement attach� � la ville de Dunkerque, et plus sp�cialement � ce quartier tr�s singulier de Malo-les-Bains qui, incontestablement, m�rite une petite visite.

Sur la Digue de Mer, o� furent construites tant de jolies villas aujourd�hui disparues, Potier a con�u, vers 1905, la maison �Quo Vadis�, au n�75. Sa conservation appara�t aujourd�hui exceptionnelle, m�me si elle ne nous est pas tout � fait parvenue dans son �tat d�origine, tant les destructions et �r�novations� ont affect� cette partie de la ville. Si elle a perdu son balcon m�tallique, au premier �tage - remplac� par un �l�ment vitr� d�un dessin tr�s m�diocre, sur lequel le nom de l��difice a �t� stupidement ajout� une seconde fois -, elle a heureusement pu sauvegarder l�essentiel de son d�cor en t�le �maill�e, aux couleurs douces et au graphisme s�duisant.

La maison vaut surtout pour des formes originales, rondes autour de la fen�tre du deuxi�me �tage, plus �chinoises� au niveau sup�rieur. Malheureusement, une sur�l�vation lui a fait perdre, � une �poque d�j� ancienne, ses jolies tuiles verniss�es et le clocheton qui achevait de donner une silhouette �l�gante � cette construction toute simple.
Mais on peut se satisfaire de ces quelques dommages du temps : en regardant la carte postale ancienne, on s�apercevra que la maison d�� c�t� a �t� plus sauvagement d�natur�e...

Rassurons-nous au n�25 de la place Turenne, o� Jules Potier a construit une charmante petite maison qui nous est parvenue dans un bien meilleur �tat. Si les briques utilis�es n�avaient pas cette couleur soutenue qui signale bien les �difices du nord de la France, on pourrait facilement se croire dans une rue de Nancy. Potier a certainement connu, par la presse de l��poque, les constructions d�Emile Andr�, dont les fen�tres ont parfois cette forme de c�ur qu�on voit ici au rez-de-chauss�e. A l�architecture nanc�ienne, Potier emprunta aussi le pignon n�o-gothique, beaucoup plus rare dans la r�gion des Flandres.

Le dessin de la fa�ade est �quilibr� et les �l�ments Art Nouveau participent � l�impression de solidit� assur�e qu�on se doit d�y reconna�tre. La seule petite coquetterie, charmante, qu�on pourrait �ventuellement lui reprocher r�side dans les deux minuscules visages qui apparaissent sous les colonnes du balcon du premier �tage. Leur style ne serait pas incompatible avec le peu que nous savons de l�art de Maurice Ringot (voir l�article pr�c�dent) et nous ne serions pas surpris d�apprendre qu�il collabora � ce chantier : les sculpteurs �modernes� ne devaient pas �tre si nombreux que cela � Dunkerque, et Ringot a d� avoir pour lui l�essentiel du march�, dans le domaine de la sculpture �1900�.