Jeu 2016 - Envoi n�4 : 10 quai Barentin (Orl�ans - Loiret)


J�avais promis un second envoi de B. L., toujours � propos d�Orl�ans. Le voici !
D�cid�ment, les destructions de la Seconde Guerre mondiale nous laisseront toujours regretter un patrimoine qui fut largement amput�, dans cette ville, de quelques chefs-d��uvre du d�but du XXe si�cle. Mais les vestiges, �loquents, m�riteraient au moins d��tre bien mieux connus.
Comme pour la rue Saint-Marc, nous ne connaissons, pour cette maison id�alement situ�e sur le bord de la Loire, que le nom de son entrepreneur, Philippe Morland, qui semble en avoir �t� �galement le propri�taire, et sa date probable de construction : 1906.

En 1994, l��difice fut judicieusement inscrit comme monument historique. Mais, �tait-ce pour ses qualit�s propres ou pour la croyance, totalement erron�e, que les plans auraient pu avoir �t� con�us par Hector Guimard ? M�me au conditionnel, on retrouve cette attribution tr�s abusive dans la fiche consacr�e � cette maison dans la base M�rim�e du Minist�re de la Culture. Il fait peu de doute que le nom de Guimard lui a �t� associ� gr�ce � une certaine tradition orale presque al�atoire. Celle-ci continue � donner � l�auteur du Castel B�ranger � peu pr�s tout ce qui rel�ve de l�Art Nouveau fran�ais et qui demeure anonyme. Dans le proc�d�, la qualit� n�est malheureusement jamais consid�r�e et les sites de ventes aux ench�res sur Internet abusent encore constamment du nom de Guimard pour valoriser � peu pr�s tout... et n�importe quoi !
La maison du quai Barentin n�est �videmment pas du grand ma�tre de l�Art Nouveau : elle aurait laiss� des traces dans les documents d�archives, notamment dans les nombreuses listes d��uvres que l�architecte r�digea � plusieurs moments de sa carri�re. Il n�en reste pas moins certain qu�il s�agit d�un �difice assez remarquable et tr�s harmonieux, mais que les sacrifices �vidents au �style nouille� �loignent totalement de l�univers guimardien.

On en savourera particuli�rement les ferronneries, d�une tr�s sobre �l�gance, et tous les d�tails sculpt�s, d�une ex�cution sans reproche. Mais son auteur s�est surtout distingu� par une tr�s po�tique attention � quelques vides int�ressants, dessinant un balcon au premier �tage ou crevant la corniche du toit pour en m�nager un second, tr�s singulier, sur le devant d�une terrasse, o� on pourrait jouer une sc�ne de �Rom�o et Juliette� avec beaucoup d�effet !
On devrait esp�rer que, d�ici quelques ann�es, de semblables maisons puissent �tre mieux identifi�es, gr�ce � des publications rares ou � des fonds d�archives encore inexplor�s.

P. S. : N'oubliez pas de voter, �videmment, si cette maison vous a plu...