21 et 25 rue Henri-Monnier (9e arrondissement)


Dans ces deux �difices construits dans une disc�te rue en pente, nous retrouvons des artistes d�j� connus : les architectes Georges Guyon et ses fils, rencontr�s � Saint-Maurice, et le sculpteur G. Ardouin, qui travailla plusieurs fois pour Falp.
Le caract�re assez populaire de ces immeubles ne fait aucun doute, � voir leurs fa�ades assez sobres, sinon m�me un peu tristes. Ils font partie d�un ensemble de quatre constructions, dont la demande de permis, �manant de M. Lasson, fut publi�e le 25 janvier 1906. Pour le second d�entre eux, en fait simple corps de b�timent destin� � relier les n�21 et 25, une demande suppl�mentaire, pour une sur�l�vation de deux �tages, fut publi�e le 15 mars 1907, mais ne semble pas avoir �t� finalement r�alis�e.

A c�t� de l�exub�rance de certaines des �uvres des Guyon � Charenton ou � Saint-Maurice, les b�timents de la rue Henri-Monnier para�tront quelque peu conventionnels. De grands balcons et des bows-windows lat�raux caract�risent les deux principaux d�entre eux, qui nous int�resseront ici. Mais c�est principalement pour la qualit� et l�originalit� de leur programme sculpt� que ces �difices attirent l�attention.

Le premier dessus-de-porte repr�sente une magnifique t�te un peu androgyne - mais plus probablement d�une jeune fille que d�un jeune homme -, �mergeant d�une v�g�tation abondante o� apparaissent aussi deux pigeons. Le second, au n�25, pr�sente deux enfants nus occup�s � mettre des grappes de raisin dans un panier.

De part et d�autre des grandes fen�tres tripartites du premier �tage, ornant la base des bow-windows, les m�mes visages monumentaux apparaissent sur les deux immeubles. Au nombre de quatre, ils �mergent de plantes diff�rentes. On retiendra surtout, au milieu de quelques �pis de bl�, un beau visage aux yeux baiss�s et surmont� d�une t�te de serpent : il s�agit l�, �videmment, de la repr�sentation d�une jeune femme �gyptienne, motif suffisamment peu courant � cette �poque pour �tre plus particuli�rement mentionn�. Peut-�tre avons-nous affaire � un v�ritable programme iconographique, sans doute agenc� autour des quatre parties du monde, mais il ne semble pas d�une clart� tr�s convaincante. Le lien de ces charmants visages avec les dessus-de-porte reste en tout cas bien myst�rieux.

Ailleurs, dans quelques interstices, entre les consoles des diff�rents balcons, quelques fleurs isol�es et discr�tes apparaissent, agenc�es d�une fa�on charmante et �l�gante.