Entr�acte n�3 : ... au cimeti�re de Puteaux


L�information m�avait �t� donn�e par les descendants de son cousin par alliance : la tombe de l�architecte Charles Plumet se trouve au cimeti�re de Puteaux. La description du monument - un sobre cube de b�ton brut - avait suffi pour me permettre de retrouver ce monument sans difficult�, tout en haut du cimeti�re, contre le mur de cl�ture. Charles Plumet, n� en mai 1861 et d�c�d� le 15 avril 1928, y est inhum� aupr�s de ses beaux-parents, F.-G. et Marie Obrecht, de sa femme Marie, et probablement de son beau-fr�re, Carl Obrecht. Au moment de la r�alisation du bel immeuble du 15, boulevard Lannes, en 1905, son beau-p�re �tait domicili� villa Corneille, � Puteaux, d�tail qui suffit � expliquer la raison de son inhumation dans la proche banlieue parisienne.
La famille m�avait donn� une seconde information, tout aussi int�ressante, et qui m�encouragea d�autant plus � me rendre � Puteaux : cette tombe aurait �t� l��uvre de Robert Mallet-Stevens ! Inutile de la rechercher dans les ouvrages consacr�s � ce c�l�bre architecte, ma�tre de l�Art D�co : elle ne figure nulle part, pas plus dans la litt�rature ancienne que dans les livres r�cemment parus, � l�occasion de sa belle r�trospective au Centre Georges-Pompidou.












Tout cela est-il v�rifiable ? Il est difficile d�en juger par la tombe elle-m�me, �tonnamment moderne, d�une rigueur presque angoissante, mais avec des gr�ces antiquisantes � premi�re vue peu compatibles avec l�art incroyablement contemporain de Mallet-Stevens. Elle n'est �videmment pas sign�e, ce qui rendrait l'affaire bien trop simple. Il s�agit, en tout cas, d�une cr�ation tr�s singuli�re. Malheureusment, l�art fun�raire est un genre o� les architectes se sont souvent essay�s � quelques fantaisies de style, parfois tr�s �loign�es de leur langage habituel. Celle-ci date, c�est �vident, de l�entre-deux guerres. Charles Plumet �tant le seul occupant � �tre mort pendant cette p�riode, il ne fait aucun doute que le monument fut r�alis� � son intention.
On se souviendra que le premier �v�nement o� le jeune Mallet-Stevens se fit largement conna�tre du public fut l�Exposition internationale des Arts d�coratifs, en 1925. Il y cr�a l��v�nement avec son pavillon du Tourisme et ses arbres en b�ton. Charles Plumet �tait alors l�architecte en chef de l�exposition, lui-m�me auteur des imposantes tours des M�tiers. Ainsi doit-on peut-�tre voir, dans ce monument aust�re, une sorte d�hommage - discret, car demeur� sans traces ! - et de reconnaissance, du cadet envers l�a�n� qui avait sans doute voulu croire en son talent.
Je soumets cette attribution, fort plausible, � la sagacit� des historiens. Des informations compl�mentaires nous en diront peut-�tre un peu plus d�ici peu. En tout cas, l'�tat de conservation du monument appara�t aujourd�hui inqui�tant. De par la seule personnalit� de l�architecte qui y est enterr�, il m�riterait une restauration urgente.