Entr�acte n�18 : 3 rue Denain (Trouville-sur-Mer - Calvados)


L�activit� de Louis Sorel (1867-1933) est loin de s��tre limit�e � Paris et � la r�gion parisienne. On retrouve sa trace � Reims, dans le Beauvaisis et jusqu�� la c�te normande. A Trouville m�me, il est aussi l�auteur d�une villa bourgeoise, au 119, avenue du G�n�ral-Leclerc, o� se trouve parfaitement illustr� son go�t pour les toitures �lanc�es et pour les balcons suspendus, aux consoles en forme de marches d�escalier renvers�es. Mais je voudrais surtout �voquer ici un bien joli de complexe immobilier, compos� de deux grosses b�tisses, aux n�5 et 7 de la rue Pasteur, la premi�re �tant prolong�e, sur la rue Denain, par une plus petite maison, enfonc�e dans son terrain et close par un beau portail en bois vert.

Les �difices de la rue Pasteur, qui semblent �tre des petits immeubles d�appartements pour vacanciers, m�langent avec bonheur des caract�ristiques de l�architecture normande (toitures pittoresques, parfois d�une amusante complication, balcons en bois) avec des traits plus �parisiens�, comme les lignes de briquettes bleues ou la plus �paisse frise de gr�s.
En plus de cette adaptation harmonieuse aux caract�ristiques de l�architecture traditionnelle locale, Sorel a surtout r�ussi � utiliser quelques traits de son propre style - qu�il partage d�ailleurs parfois avec Charles Plumet, et qui a permis d'en faire parfois l�imitateur ou le concurrent -, notamment ses fameux balcons suspendus ou les belles loggias, largement ouvertes, avec de belles menuiseries d�un Art Nouveau souple et �l�gant.

Assez semblables, � premi�re vue, ces deux �difices n�ont pourtant pas grand chose en commun, ni dans le dessin de leurs portes d�entr�e, ni dans l�agencement ou la position de toutes les autres ouvertures. Leur seul point d�unit� est dans la continuit� des mat�riaux - principalement la brique claire et les lignes bleut�es qui y scandent de grandes parois nues ou la tr�s pr�sente frise de gr�s, con�ue comme une sorte de ceinture enveloppante - ou l�attention particuli�re apport�e aux deux angles de rues.


La petite maison, pour sa part, se veut plus pittoresque, d�s son amusant portail, orn� d�un hibou aux ailes d�ploy�es, face � un chat faisant le gros dos. Evoquant le caract�re baln�aire de la ville de Trouville, des crabes en m�tal d�coup�, dont les yeux sont deux billes de c�ramique verte, ornent la cl�ture d�un beau vert fronc�.
La maison elle-m�me porte des carreaux de gr�s, qui dessinent des motifs d�inspiration typiquement normande, et s�anime de plusieurs balcons suspendus. La toiture est d�une complication int�ressante qui ajoute un charme suppl�mentaire � cette construction discr�te.