
Cette �trange construction, envoy�e par M. V., pourrait, � premi�re vue, passer pour une construction de l��poque 1900, avec sa fa�ade au rythme irr�gulier, son go�t pour les arcs outrepass�s, son d�cor abondant et exotique, ses frontons pittoresques et ses gargouilles amusantes.
En pleine Dr�me, le b�timent est �videmment tr�s surprenant, et � acquis une telle renomm�e de curiosit� que la ville de Valence l�a bien naturellement inclus dans ses parcours culturels. Certes, il ne manque pas, ici et l�, de propri�taires fantaisistes ayant d�sir� une habitation sortant franchement de l�ordinaire. Mais, en g�n�ral, elles se situent dans des quartiers p�riph�riques ou dans des rues discr�tes ; rarement, comme � Valence, en plein centre ville, sur un espace tr�s largement ouvert.

Connu sous le nom de �maison mauresque�, l��difice a laiss� assez peu d�informations sur son histoire. On en conna�t tout au plus l�origine, puisque c�est le 1er juillet 1858 que l�industriel Charles Ferlin acheta, � la municipalit� de Valence, un terrain situ� � l�angle de la grande Rue et de la rue Gaston-Rey, pour un montant de 500 francs. Il aurait indiqu�, sur l�acte d�achat, vouloir r�aliser une construction �du plus bel effet�. Son acquisition faisait donc suite � un projet architectural pr�alablement d�fini.
La �Mauresque � Ferlin� - autre nom du b�timent, bien imag� - date donc, en r�alit�, du Second Empire. Mais elle anticipe de fa�on tr�s singuli�re sur l�Art Nouveau par un go�t assez invraisemblable pour un orientalisme totalement r�invent�, m�tin� d�influences typiquement m�di�vales, bien plus typiques de l��poque, friande de retour au �gothique�, et d�une certaine tradition architecturale fran�aise.


N�anmoins, et c�est ce qui en fait une �uvre tout � fait exceptionnelle, cette fa�ade n�est � vrai dire qu�une sorte d��trange trompe-l��il, constituant la simple excroissance d�un b�timent d�j� existant. Surtout, elle est enti�rement faite en ciment moul�, technique alors r�cemment mise au point dans la r�gion grenobloise (1). Ce plaquage �vitait ainsi l�emploi de tailleurs de pierre, tout en �tant rapide et �conomique (mais il a l'inconv�nient de se conserver relativement mal, certains d�tails paraissant avoir fondu comme du savon). Il n�en reste pas moins que Charles Ferlin a certainement voulu faire de ce chantier une sorte de d�monstration technique exemplaire, en �vitant une trop banale r�p�tition des motifs. Etait-il impliqu� dans la production de ce ciment moul� ? Voulut-il en d�montrer les avantages industriels, autant qu�artistiques ?
Malheureusement, les informations s�arr�tent l�. Le commanditaire ne nous est pas plus connu, et nous ignorons m�me s�il fit appel � un architecte pour r�aliser son projet.
Comme pr�c�demment, vous pouvez �videmment donner une note (entre 1 et 10) � cet envoi, s�il vous a plu.
(1) Elle n�est pas sans liens stylistiques avec �La Casamaures�, une villa de Grenoble b�tie entre 1855 et 1878 par Joseph Jullien, dit Cochard. Elle aussi en ciment moul�, mais en totalit�, elle est situ�e dans un grand jardin et s�orne de beaux vitraux. On lui pr�f�rera tout de m�me ici la maison de Valence, d�une plus distrayante - mais tr�s apparente - d�sorganisation d�corative.