45 rue Emile-M�nier (16e arrondissement)


Lors de la publicaton de la demande de permis de construire de cet imposant immeuble de Gabriel Morice, le 20 mai 1901, une faute assez grossi�re a transform� le nom du commanditaire, qui s�appellait Lesieur, en un M. Letieu. H�las, ces informations tr�s pr�cieuses - publi�es parall�lement sur mon autre blog - sont souvent �maill�es de fautes, dues � la trop grande rapidit� de leur publication, dans un Bulletin municipal o� ce genre d�informations devait para�tre tr�s accessoire, � c�t� de la transcription - consid�r�e alors comme beaucoup plus essentielle - des d�bats du conseil municipal ou de l��num�ration des nouveaux fonctionnaires.
L�immeuble de la rue Emile-M�nier, qui s�appelait alors �rue de Pomereu�, ressemble presque � une construction cossue �difi�e dans une petite ville de province. A cet endroit, l�ouverture de plusieurs voies dans la rue des Belles-Feuilles m�nage une sorte de petite place, qui donne un petit charme pittoresque � ce coin du quartier.

Gabriel Morice a parfois montr� un talent d�architecte plus original, notamment dans un fort bel immeuble con�u, sur l�avenue Bugeaud, pour Gabriel Cognacq, le propri�taire de la Samaritaine, au milieu des ann�es 1890. La fa�ade pr�sente, tr�s sym�trique, ne brille, en effet, par aucune v�ritable originalit� dans sa structure. Mais elle fait la part belle � de superbes morceaux de sculpture, d�s au ciseau de E. Cordonnier : des jeux d�enfants au dessus de la porte, et une femme �mergeant de branches de pin, comme ornement d�un balconnet isol� � l�angle des deux rues. Son nom appara�t d�ailleurs � c�t� de chacune de ses cr�ations, avec l�amusante particularti�, pr�s de la porte d�entr�e, d�une faute d�orthographe grossi�rement corrig�e : le premier �R� de son nom avait �t� oubli� !

Si la sculpture d�angle est charmante, par son iconographie presque nanc�ienne, le morceau de bravoure du d�cor restent �videmment les deux enfants nus occup�s avec des pigeons, pr�s de leur nid et au milieu de branchages. Plac�s sur la porte, ils en interrompent le fronton tr�s classique, ce qui donne droit � un effet charmant et original. Pour fermer cette int�ressante composition, le sculpteur a plac� une t�te de femme aux yeux ferm�s, juste au dessus de la fen�tre ronde qui surplombe les enfants et leur jeu.

Sous le grand balcon courant du dernier �tage, de grands bouquets de pavots ornent les espaces s�parant les fen�tres, avec cette singularit� que les capsules de chaque fleur semblent l�g�rement color�es.
Au travers de la porte d'entr�e, on peut apercevoir d�autres enfants nus, sur de grands panneaux de c�ramique brune, qui n�ont que l�inconv�nient apparent d��tre tous identiques. N�ayant pas pu les approcher, je ne peux qu�avancer le nom de Cordonnier comme probable auteur.

Quant � la cour int�rieure, on peut en retrouver l�apparence gr�ce aux publications d��poque, o� des d�tails de l�immeuble ont �t� reproduits. On y voit notamment de beaux panneaux en forme d��ventails, sans doute aussi en c�ramique, et peut-�tre plus particuli�rement en terre cuite.