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Il y a bien longtemps que je n�ai pas �crit d�article pour pr�senter, assez simplement, quelques jolis d�tails, vus � l�occasion de mes promenades. Tous les immeubles de Paris ne m�ritent �videmment pas qu�on s�attarde trop longtemps pour les commenter. Mais il serait sans doute dommage d�ignorer quelques charmants d�tails.

Dans ce XVIe arrondissement, si riche en Art Nouveau, les occasions d�admirer quelque chose ne manquent pas. Comme, par exemple, l�immeuble non sign� du 22 bis rue P�trarque. Il s�agit tr�s certainement de l��difice command� par Mme Le Bas aux architectes Furet et Martin, dont la demande de permis de construire fut publi�e le 3 janvier 1905.
L�immeuble est tr�s sobre, et ses ferronneries sont d�origine industrielle. Mais une cr�ation sp�cifique a n�anmoins �t� r�alis�e pour la porte d�entr�e, aux circonvolutions compliqu�es � souhait.

L�immeuble du 122 ter, avenue Victor-Hugo, est nettement plus ambitieux. Il fut construit � l�emplacement m�me o� s��levait un autre immeuble o� Victor Hugo s��teignit, en 1885, ce que rappelle le portrait du po�te, sculpt� par Fonquergne au-dessus de la porte d�entr�e, �mergeant de volutes joliment symbolistes qui donnent un certain int�r�t � un simple exercice de style. C�est bien le seul agr�ment d�un b�timent de rapport assez ennuyeux et banal, qui s�duisit pourtant le jury du concours de fa�ades de la Ville de Paris, puisqu�il lui attribua une prime en 1907. La construction avait �t� command� par M. Schmoll � l�architecte Humbert, et sa demande de permis fut publi�e le 30 juin 1905.

Le petit b�timent du 99, rue de la Pompe, situ� exactement en face du lyc�e Janson-de-Sailly, est nettement plus amusant. Malgr� l��norme sp�culation immobili�re du quartier, ce tr�s modeste �difice n�a pas boug� depuis 1911, date de sa construction par L�on M�riot. La forme de sa porte, avec ses deux petites fen�tres lat�rales sur�lev�es, rappelle le mod�le �tabli par Guimard au Casstel B�ranger et assure que son influence restait toujours vivace, plus de douze ans plus tard. Le propri�taire s�appelait Le Chartier. Il commanda d�abord � M�riot une sur�l�vation d�un �tage, en mai 1907, avant de lui demander - si les demandes se rapportent bien � la m�me parcelle -, de reconstruire en totalit� cet amusant rez-de-chauss�e, en f�vrier 1911.
En plus de la porte principale, les ferronneries de la trav�e lat�rale, notamment de la porte annexe conduisant � un club de bridge, sont une jolie cr�ation. Ces d�tails jurent compl�tement avec les bossages et la balustrade qui compl�tent l�ornementation de l��difice, r�f�rences presque humoristiques � l�architecture baroque italienne.
On ne rencontre pas tr�s fr�quemment cet architecte � Paris. La chose para�t normale, puisqu'il �tait � l'�poque domicili� � Ch�tillon (aujourd'hui, dans le d�partement des Hauts-de-Seine). Lors de ma r�cente promenade � Clamart, j'ai pu d�couvrir plusieurs immeubles de lui, pareillement sign�s de fa�on tr�s voyante, et qui signalent une inspiration r�elle et sympathique. Mais sans doute est-elle un peu trop vari�e pour permettre de reconna�tre son "style" au premier coup d'�il...
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Payret-Dortail est un bon architecte, dont je pr�senterai certainement un jour une �uvre plus importante. Ses �difices de la rue Claude-Lorrain, non loin du cimeti�re d�Auteuil, sont des immeubles assez simples, joliment construits, mais qui ne peuvent pr�tendre au statut de �chefs-d��uvre�. Entre septembre et la fin du mois de d�cembre 1911, le n�11 fut command� par une Soci�t� civile de construction, le n�13 par Mme L�m�ry et le n�15 par la veuve Dufresne. On retiendra surtout, du premier, les jolies pommes de pin qui surmontent la porte, et les jolies terres cuites qui les dominent (j�ai plac� l�image en t�te de cet article), et, sur le troisi�me, une amusante rang�e de tournesols. On n�oubliera pas d�y remarquer aussi le tr�s po�tique d�tail d��pis de ma�s � peine form�s, qui ornent le sommet du chambranle de la porte.