21-21 bis rue Pierre-Leroux (7e arrondissement)


Paul Lahire fut � la fois le propri�taire et l�architecte de ce double immeuble, situ� dans une tr�s modeste rue du VIIe arrondissement. Il en fit publier la demande de permis de construire, le 11 novembre 1907. A premi�re vue, son �difice ne se singularise en rien de son environnement, ni par des saillies importantes, ni par un luxe d�coratif particulier.
N�anmoins, le fait d�avoir enti�rement rev�tu sa fa�ade de carreaux de gr�s d�Alexandre Bigot aurait pu signaler son travail comme une �uvre audacieuse, � la mani�re des immeubles d�j� construits par Jules Lavirotte entre 1900 et 1904, avec le m�me c�ramiste, ou celui de la rue Claude-Chahu, �uvre de Charles Klein, r�alis�e en 1903 en collaboration avec Emile Muller. Mais il se pr�sente, en fait, comme un travail de transition entre le tr�s novateur �difice des fr�res Perret, rue Franklin - lui aussi de 1903 -, dont il adopte la sobri�t� d�corative et jusqu�� certains �l�ments en forme de pastilles, principalement visibles dans les panneaux d�inspiration v�g�tale, et le bel immeuble d�ateliers d�artistes d�Andr� Arfvidson de la rue Campagne-Premi�re (1911), o� le rev�tement c�ramique fait largement usage d�un agencement g�om�trique. L�implication de Bigot, dans ces diff�rents projets, leur conf�re une �vidente parent� formelle qu�il n�est pas difficile de relever.

Pour l�essentiel, l�immeuble de Lahire est rev�tu de carreaux g�om�triques de couleur cr�me ou d�un bleu ciel tr�s discret, limit�s � des cercles incis�s s�interp�n�trant pour former des rosaces. Il me semble que ce parti, � la fois sobre et parfaitement couvrant, a pu �tre inspir� par les exp�riences similaires tent�es, quelques mois auparavant, par Gentil et Bourdet, auteurs des c�ramiques des beaux immeubles de Bouwens van der Boijen du quai Anatole-France. N�anmoins, les consoles des balcons sont plus richement d�cor�es, avec des motifs d��cailles et de coquilles, de feuilles de marronniers ou de simples pastilles diversement color�es. Certaines frises laissent deviner de tr�s discrets escargots, et la cl� de vo�te de chacune des deux portes d�entr�e s�orne d�un gros hanneton brun sur fond bleu.

Ces quelques �l�ments figuratifs restent dans une gamme de teintes volontairement restreinte, o� dominent le brun, le blanc, le bleu et le vert. Ainsi, l��difice ne pr�sente aucune outrance de couleur, ni rien d�ostentatoire ou d�agressif, au point qu�on pourrait �ventuellement passer devant sans vraiment le regarder. Ce serait dommage, tant son d�cor m�rite de le faire figurer parmi les belles r�alisations de la c�ramique architecturale de Paris, malgr� la notori�t� rest�e assez confidentielle de son architecte.



PS : Vous avez d� �tre �tonn�s - et peut-�tre frustr�s - de ne plus voir de nouveaut�s sur ce blog pendant deux mois. A cela, plusieurs raisons : d�abord, je tenais � terminer la publication des demandes de permis de construire sur �Paris en construction� (ce qui est maintenant fait). Ensuite, j�ai pens� qu�il y avait d�j� tellement de choses � lire que vous n�auriez sans doute pas remarqu� ce silence...
Mais certains d�entre vous se sont manifest�s. Je dois donc leur avouer que, ces derniers temps, des soucis personnels m�ont enlev� tout le plaisir d��crire. Me voil� revenu. D�duisez-en ce que vous voudrez... et vous aurez raison.