
Bien avant d�avoir pens� � ouvrir ce jeu, P. F. B. m�avait envoy� quelques images de la Villa Alexandre, construite au Touquet par l�architecte F. Gombeau en 1911. Une fois encore, nous voici dans un charmant quartier baln�aire - mais pas tout � fait au bord de la plage -, o� les maisons pittoresques et pimpantes nous rappellent volontiers Mers-les-Bains, Cabourg ou Dunkerque.
Selon les informations fournies par le site de la ville, la maison aurait �t� construite en 1900 et Gombeau n�aurait fait que la �moderniser�, avec la collaboration d�entrepreneurs locaux, les fr�res Pentier.

Le r�sultat est tr�s original, l�angle form� avec la rue Joseph-Duboc ayant �t� agr�ment� d�une tour suspendue � partir du deuxi�me �tage. On ignore � quoi pouvait bien ressembler le couronnement de cet �l�ment singulier en 1911, mais on doute qu�il se soit achev� d�une fa�on aussi banale. H�las, on le constatera ais�ment, l��difice n�est pas dans un �tat des plus satisfaisants et il porte lourdement sur lui le poids des ans. Mais les consolidations actuelles de la tour semblent en annoncer la restauration. Nous prenons d�j� date pour voir le r�sultat final !

Une fois la maison r�nov�e, on pourra alors savourer pleinement la complication s�duisante de ses volumes, la saillie des balcons ou la pr�sence de jolies fen�tres perc�es dans la toiture.
Mais c�est certainement le d�cor en c�ramique qui retient surtout l�attention, et qui permet de rattacher cette charmante villa au monde de l�Art Nouveau : en 1913, les architectes s�acheminaient progressivement vers un style beaucoup plus �pur� qui allait triompher au moment de l�exposition internationale des Arts d�coratifs de 1925 (d�o� son nom d�Art D�co ou de �style 1925�). Sur la fameuse tour, crabes, coquillages et plantes aquatiques en d�corent tr�s naturellement les fen�tres, le soubassement et l��pais bandeau du dernier niveau.

La gamme color�e est principalement verte, mais quelques rehauts de jaune ou de brun soulignent agr�ablement chaque motif. Si pr�s de la mer, cette iconographie n�a rien de surprenant ; elle pourra m�me appara�tre comme relativement attendue. On sera n�anmoins beaucoup plus surpris par la curieuse frise de branches de pin, ceinturant fortement les deux fa�ades sous le niveau du comble. Le motif n�a �videmment rien de baln�aire. Mais il semble qu�il ait �t� assez familier pour Gombeau, architecte rare dont on ne retrouve d�autres �uvres qu�� Paris, et essentiellement dans la petite rue Guyton-de-Morveau, dans le XIIIe arrondissement.

Et au n�25, on retrouve en effet une frise de pommes de pin tout � fait similaire, quoique d�un dessin l�g�rement diff�rent. Je ne me risquerai pas, ici, � vouloir attribuer ces d�cors de gr�s � Alexandre Bigot ou � Gentil et Bourdet : l�exp�rience m�a montr� qu�il �tait bien difficile de faire, d�embl�e, le partage entre ces deux entreprises... Si je pouvais en apprendre un peu plus, je ne manquerai pas d�ajouter l�information.
D�ici peu, je reparlerai volontiers de Gombeau et de la rue Guyton-de-Morveau, o� il nous r�serve une jolie surprise sur un autre �difice dont il est �galement l�auteur.