8 et 10 rue Valentin-Hau� (15e arrondissement)


Les abords de cette jolie rue tranquille du XVe arrondissement - comme les rues Rosa-Bonheur ou C�sar-Franck - m�ritent vraiment une petite visite, o� plusieurs maisons d�int�r�t y attendent le promeneur curieux. Parmi celles-ci, les deux immeubles pr�sents sont peut-�tre les plus int�ressants ou, du moins, les plus surprenants.
Paul Denis (1871-1949) n�a pas laiss� un grand nom dans le monde de l�architecture, ce que laisse sans doute entendre le troisi�me immeuble qu�il dessina, juste en face, sur le trottoir des num�ros impairs, d�une assez grande banalit�. Il appartient donc � cette p�pini�re de petits architectes qui n�ont certainement pas cr�� un style, mais qui en ont assur� le succ�s.
Trois immeubles, donc, et trois mani�res diff�rentes ! Car les deux �difices qui nous int�ressent sont assez dissemblables. L�architecte semble avoir pr�sent� le plus ancien - sinon les deux - au Concours de fa�ades de la ville de Paris, pour l�ann�e 1903, mais malheureusement sans succ�s.


Int�ressons-nous d�abord au n�10, d�une structure assez �classique� pour cette �poque de l�Art Nouveau, avec ses deux bow-windows lat�raux et sa stricte sym�trie. Son charme vient principalement d�un magnifique d�cor floral, aux essences d�une grande diversit� : on y reconna�t surtout des feuilles de marronnier, des roseaux, des iris. Mais l�immeuble impressionne surtout pour son fascinant dessus-de-porte, o� le buste d�une beaut� tr�s 1900, � la chevelure compliqu�e et au sourire enj�leur, �merge d�un buisson de roses particuli�rement compliqu�. Les signatures de Paul Denis et de son entrepreneur, Bassinet participent � la composition par leur format tr�s exag�r�, qui donne � l�ensemble un caract�re tr�s insolite. La beaut� de ce d�tail de la fa�ade est rehauss� par la qualit� de la ferronnerie de la porte elle-m�me, au contraire des garde-corps des fen�tres, d�un mod�le industriel beaucoup plus banal.











L�immeuble du n�8, � l�angle de la rue Bouchut, adopte un parti totalement diff�rent. D�un an ant�rieur au pr�c�dent (1), il se veut d�un pittoresque plus g�n�ral, avec ses renfoncements et ses saillies, son m�lange de briques et de pierre, les rehauts de couleur de ses briques verniss�es. Tout en adoptant un parti g�n�ral tr�s classique, les d�tails rel�vent compl�tement de la �nouille�, gr�ce � des p�tisseries assez complexes qui ornent les consoles des balcons et les linteaux des fen�tres. L� aussi, les ferronneries de la porte d�entr�e sont dignes d�un regard int�ress�, comme l��troite meurtri�re qui l�accompagne. Dans le vestibule, Denis a con�u des chapiteaux �galement tr�s originaux, o� tout aspect naturaliste a laiss� la place � des coups-de-fouet beaucoup plus abstraits.

(1) Les demandes de permis sont du 8 ao�t 1902 pour le n�8 (M. Robert, propri�taire) et du 24 juin 1903 pourle n�10 (M. J. Ciry, propri�taire).