5 rue Lalo (16e arrondissement)


Comme Richard et Audiger ou Sauvage et Sarazin, Barbaud et Bauhain font partie des �couples� d�architectes les plus importants de l��poque 1900. Ils ont sign� � Paris plusieurs r�alisations importantes. Parmi celles-ci, leur immeuble de la rue Lalo n�est sans doute pas leur plus grand chef-d��uvre, et je dois m�me avouer avoir �t� un peu d��u en le revoyant r�cemment. N�anmoins, on ne peut qu��tre sensible � la qualit� de sa d�coration sculpt�, due � J. Rispal - qui leur fut longtemps fid�le -, la gr�ce de ses petits panneaux de mosa�ques, l�originalit� g�n�rale d�un �difice � la fois discret et �l�gant, malgr� des proportions tr�s imposantes.
L�ingratitude d�une parcelle tr�s longue, mais apparemment assez peu profonde, n��tait pourtant pas un v�ritable handicap pour ces architectes ; ils ont souvent d�montr� leur talent dans le monumental. Mais la rue n�est pas tr�s large et l�immeuble risquait de manquer de recul pour �tre appr�ci� � sa juste valeur. D�o� le parti int�ressant de creuser la fa�ade et d�am�nager une petite cour ant�rieure dans cet arrondi.





















Il faut reconna�tre � Barbaud et Bauhain une originalit� int�ressante, qui suffit � rendre singuliers la plupart de leurs �difices. Car ceux-ci ne rel�vent pas enti�rement du Modern Style � la fran�aise, puisqu�ils s�inspirent souvent, et assez ouvertement, de la Secession viennoise. C�est une curiosit� de style qu�ils ont partag� avec fort peu de leurs confr�res, puisque la France, � cette �poque priv�e de l�Alsace et de la Moselle, tenait ouvertement � distance toute influence germanique. Ils semblent donc avoir trouv� des commanditaires assez large d�esprit pour ne pas �tre choqu�s par leur architecture parfois plus autrichienne que parisienne. En en particulier celui-ci, Lounier, dont la demande de permis de construire fut publi�e le 3 f�vrier 1906.
Le premier indice de cette surprenante affinit� appara�t ici dans la pr�sence d�impressionnantes t�tes de jeunes femmes, au sommet des deux angles de la fa�ade. Leur inexpressivit�, comme la fa�on dans les faire �merger d�une sorte de gaine d�corative, semblent beaucoup plus fr�quentes dans une ville comme Prague, o� travailla �videmment beaucoup le peintre tch�que Alfons Mucha, dont ces beaux visages s�inspirent visiblement. Les autres indices se devinent dans le caract�re tr�s stylis� du reste de la d�coration florale, notamment sur la lourde balustrade de pierre du deuxi�me �tage, ou dans les ferronneries, celles des fen�tres bien s�r, mais surtout celle de la porte d�entr�e, d�une sobri�t� harmonieuse alors peu fr�quente � Paris.

Pour adoucir cette m�le s�v�rit�, Rispal a d�cor� l�entourage du petit porche avec de tr�s fins panneaux consacr�s � la tendresse maternelle, occasion pour lui d�inscrire d�autres beaux visages dans des rinceaux v�g�taux d�un dessin tr�s agr�able.