
A quelques d�tails significatifs pr�s, les deux immeubles, construits par Charles Breffendille (1861-1913) dans la tr�s tranquille rue Eug�ne-Labiche, sont pratiquement jumeaux. Ils n�ont pourtant pas �t� con�us � la m�me �poque, celui du n�1 ayant �t� d�clar� le 2 septembre 1903, par Mme veuve Le Maux, celui du n�11 l�ayant �t� plus d�un an plus tard, le 19 d�cembre 1904, par Ph. Amy. N�anmoins, les chantiers semblent n�avoir pas �t� imm�diatement ouverts, car les �difices portent la m�me date, curieusement tardive, de 1908.

Cette longue gestation trouve peut-�tre son explication dans l�emplacement des deux parcelles, situ�es sur le m�me trottoir aux deux extr�mit�s de la m�me voie. Leur situation sym�trique apporte un charme singulier � ces b�timents apparemment massifs, mais o� une multitude de petits d�tails ne peuvent qu�amuser le regard.
On s�int�ressera d�abord au travail du m�tal, donnant lieu � de curieux garde-corps de fen�tres, au premier �tage, d�une forme de bateau plaisante et insolite. Au troisi�me �tage - sans doute con�u comme le plus luxueux -, l�architecte a dessin� des structures m�talliques �voquant des ornements de jardin, d�un assez po�tique effet.

Le travail de sculpture n�est pas moins int�ressant, en particulier les �normes guirlandes feuillues qui ornent les angles des deux immeubles. Elles apportent un lien formel � un d�cor assez diff�rent, plus sobre et classique au n�1, nettement plus Art Nouveau au n�11. Servant de motif � un mascaron sur le premier immeuble, une sorte de g�nie soufflant puissamment se retrouve multipli�, sur la seconde fa�ade : le motif est certainement une all�gorie du feu, telle que Schoellkopf l�utilisa pour une chemin�e en gr�s dont j�ai d�j� parl� � propos de l�h�tel du boulevard Berthier.
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D�une culture tr�s classique, Breffendille architecte se montra amateur de constructions puissantes, parfois m�me monolithiques, qu�il s�agisse d�immeubles ou m�me de villas. Il n�en fut pas moins un architecte attachant. Il gagna, en m�me temps que Guimard, une prime au premier Concours de fa�ades de la ville de Paris, pour une belle construction, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, malheureusement aujourd�hui disparue : � son emplacement a �t� am�nag� une petite place, face au Minist�re de la Culture.