8 rue de Richelieu (1er arrondissement)


L�architecte Constant Lemaire, auteur de ce bel immeuble d�angle, n�a sans doute aucun rapport avec l�auteur des constructions de la rue de Capri, plus simplement pr�nomm� �C. A.�, puisque nous savons, gr�ce � plusieurs autres demandes de permis, que la premi�re initiale de ce dernier correspondait au pr�nom de Charles. En juillet 1909, le premier habitait d�ailleurs 66, rue Lafayette, et le second 1 bis, rue Bizerte. Peut-�tre appartenaient-ils � la m�me famille - les architectes constituant parfois de v�ritables tribus -, mais le nom de Lemaire ne semble pas suffisamment rare pour que nous en soyons convaincus.
Ce fut pour les h�ritiers Pepin Le Halleur que l��difice de la rue de Richelieu, proche du Palais-Royal, fut projet�. La demande de permis de construire date du 2 ao�t 1907 et l'�difice fut sign� l�ann�e suivante. Mais son am�nagement int�rieur ne fut v�ritablement achev� que dans le courant de 1909, ce qui para�t normal pour un �difice d'une telle importance, et qui �tait destin� � devenir un h�tel de voyageurs d'un certain luxe, au nom sans ambigu�t� : le Royal Palace Hotel.












Il nous est encore une fois propos� une fa�ade qui n�aurait pas paru incongrue � Nancy, o� on trouve beaucoup de comparables loggias et de semblables pinacles, tous d�influence gothique.
L�architecte a port� l�essentiel de son attention � l�angle de la construction, en h�rissant son premier �tage de puissants contreforts, et en le couronnant d�un pinacle largement plus �lev� que les autres. Afin de casser l�imposante verticalit� de cette fa�ade, il d�cora le fond de la loggia d�un mur de briques rouges, �vitant toute monotonie en accentuant son effet de creusement. Comme souvent dans ce type d��difices, o� les lignes architecturales sont prioritairement mises en valeur, le d�cor sculpt� est volontairement r�duit � quelques modestes fleurettes, servant plus � souligner qu�� enrichir.
Derri�re cette fa�ade d'un Modern Style de tr�s bon aloi - et devenu presque banal � la date des travaux - se cachait une tr�s simple, mais ing�nieuse, disposition des chambres. Chacune donnait sur une des trois rues o� l'h�tel �tait implant�, et n'�tait s�par� de la cour int�rieure que par un long couloir continu. Afin d'�viter les bruits de passage et de service, elles �taient toutes pr�c�d�es d'un petit cabinet de toilette. Et les salles de bain offraient une autre isolation sonore, cette fois entre les chambres elles-m�mes. Pour ceux que cela int�resse, le num�ro du 30 juillet 1910 de la "Construction Moderne" en reproduit les plans, ainsi que quelques photographies.