170 rue de la Convention (15e arrondissement)


Le nom de Paul Legriel n�apparaissant pas dans les demandes de permis de construire avant cet �difice, il faut donc en conclure qu�il commen�a ici sa carri�re d�architecte. Il semble d�ailleurs avoir �t� suffisamment fier de cette premi�re �uvre pour l�avoir joliment sign�e, mais d�une fa�on un peu voyante qui pourrait faire sourire.
Sa commanditaire, veuve C. Vacquant, fit publier la demande d�autorisation de construire le 30 janvier 1900. Apparemment, elle se trouva fort satisfaite de son investissement et de son architecte, puisqu�elle lui commanda, avant le 5 d�cembre 1900, l�immeuble voisin du n�168. A cette date, elle habitait d�j� au 170, rue de la Convention, signe que la construction proprement dite avait dur� moins d�une ann�e.
Dans l�intervalle, Legriel avait �galement d�m�nag�, passant du 5, rue de Champagny, au 8, rue de Greffulhe. Mais il ne devait plus rien construire dans le XVe arrondissement, partageant la suite de son activit� entre les IXe, XIIe et XVIe arrondissements.












Au concours de fa�ades de la ville de Paris, le pr�sent �difice re�ut une des six primes attribu�es pour l�ann�e 1900, source de contentement suppl�mentaire pour Mme Vacquant - qui fit ainsi une importante �conomie sur ses frais administratifs -, autant que pour l�architecte, assur� de voir son travail publi� dans la presse.
M�ritait-il v�ritablement cette prime, tant les �tages sup�rieurs, sans grand caract�re, paraissent n�avoir aucun rapport avec les deux premiers niveaux, caract�ris�s par un appareillage rustique d�un assez bel effet ? Et ne doit-on pas attribuer � l�inexp�rience de Legriel la relative d�ception que nous apporte sa fa�ade, dont l�ensemble para�t ainsi tr�s disparate ? Heureusement, la porte d�entr�e m�riterait � elle seule le d�tour, tant pour ses belles ferronneries que pour le beau travail de sculpture de son chambranle. Et que dire du gros chat, charg� de porter le num�ro de la maison, dans une attitude dynamique d�un si joli effet d�coratif !












On ne se contentera pas d�admirer la fa�ade. Un coup d��il au travers des vitres de la porte d�entr�e permet d�apercevoir un tr�s remarquable vestibule, suffisamment large pour y laisser passer une automobile - pour employer le terme utilis� � l��poque... La porte du concierge, avec son grand arc surbaiss�, est une ravissante invention, autant que la gigantesque applique, impressionnant travail associ� de sculpture et de ferronnerie. Le plafond, constitu� de briques �maill�es d�un vert presque noir, repose sur une jolie corniche en gr�s, � motifs de fleurs stylis�es. Rien que pour ce remarquable vestibule, aux belles proportions et d�une grande unit� de style, nous aurions volontiers donn� un autre prix � Paul Legriel, pour toutes les promesses que son art contenait d�j�.