62-64 rue Boursault (17e arrondissement)


La belle construction de Ren� Simonet eut une gen�se probablement compliqu�e, puisque deux demandes de permis de construire la concernent. La premi�re date du 10 septembre 1900, et ne se rapporte qu�au n�62 ; la seconde, relative � l�ensemble de la parcelle, est du 4 janvier 1901. Dans les deux cas, l�architecte, habitant 48, rue du G�n�ral-Foy, s�en d�clara pareillement le propri�taire.
Frantz Jourdain, le c�l�bre auteur des magasins de la Samaritaine, salua la naissance de ce double �difice par un bel article enthousiaste dans la revue �Art et D�coration�. On ne s�en �tonnera pas beaucoup, tant ce double immeuble, destin� � une population populaire, affiche ouvertement des mat�riaux alors consid�r�s comme vulgaires : le fer et la brique verniss�e. Simonet, en particulier dans le puissant et magnifique soutien m�tallique des parties en saillie, y a trouv� des solutions plastiques tout � fait int�ressantes. Osons m�me avancer qu�il sut faire de la po�sie avec des produits industriels.












En bon h�ritier de l��cole rationaliste, dont il d�fendit toujours l�esprit dans son �uvre de critique, Jourdain fut �galement sensible � la structure m�me de la fa�ade, trait�e comme s�il s�agissait de deux immeubles diff�rents, mais unifi�e avec bonheur par les ferronneries des balcons et la discr�te d�coration sculpt�e ; dans sa vari�t� m�me, elle reste tr�s lisible, notamment par l�affirmation, depuis la rue, d�une hi�rarchie tr�s claire entre les diff�rents espaces int�rieurs, les moins importants �tant signal�s par de petites ouvertures en saillie, � pans coup�s ou triangulaires.












La rigueur du travail de Simonet s�affirme partout, et jusque dans l�extr�me simplicit�, tr�s efficace, des ondulations tr�s japonisantes qui constituent la partie m�tallique de la porte d�entr�e.
L�int�rieur de l�immeuble est forc�ment moins heureux, n��tant pas destin� � une population bourgeoise si gourmande en larges halls ou cages d�escalier vastes et lumineuses. Apr�s un joli petit vestibule aux sculptures discr�tes et d�licates, les parties communes sont donc plut�t obscures et �troites, avec une vitrerie presque ordinaire, agr�ment�e de vitraux tr�s simples. La rampe d�escalier est tr�s ordinaire, tout comme les boiseries. Mais il est vrai que les papiers peints ont �t� rafra�chis par un grand coup de peinture blanche ; on y devine encore, malgr� tout, et dans un l�ger relief, un assez joli dessin floral. Il avait certainement apport�, � l�origine, la judicieuse et printani�re note de couleur qui lui fait cruellement d�faut aujourd�hui. Dommage !