
L�h�tel Danois, du nom de son commanditaire, G. Danois, qui habitait alors � Boulogne-Billancourt, est aujourd�hui l�ambassade d�Alg�rie en France. A quelques m�tres seulement de l�h�tel Rosz�, premier �difice conserv� d�Hector Guimard, il �voque encore assez bien, dans ce charmant tron�on de la rue Boileau, le caract�re presque campagnard qu�avait cette partie du XVIe arrondissement au d�but du XXe si�cle.
L��difice fut con�u par Audiger et Richard, un des plus fameux tandems de l�architecture Art Nouveau, mentionn�s conjointement dans la demande de permis de construire, du 2 juillet 1907. Mais il fut finalement sign� par le seul Joachim Richard. On a pu en conclure que la fin de la collaboration des deux architectes fut naturellement provoqu�e par le d�c�s d�Henri Audiger, dont le nom dispara�t effectivement des annales de l�architecture d�s le d�but de l�ann�e 1908. Pourtant, un certain H. Audiger, habitant toujours dans la rue Linois - o� il demeurait d�j� autour de 1900 -, co-signa encore les plans d'un �difice de l'arrondissement, en 1911.
Si cet h�tel constitue probablement un moment de transition professionnelle, il repr�sente aussi, pour Richard, un tournant important dans sa carri�re, puisqu�il commen�a alors � d�laisser le XVe arrondissement, o� Audiger travaillait depuis 1881 et o� leur collaboration d�buta, en 1894. Il devait d�ailleurs bient�t marquer ce changement important en d�m�nageant dans son bel immeuble du 15, avenue Perrichont.


D�inspiration ouvertement arabe, la maison ne sombre heureusement pas dans les exc�s orientalistes de mauvais go�t, violemment color�s ou abusivement compliqu�s. Seuls quelques �l�ments reconnaissables de l�architecture orientale sont ici retenus, pour assurer une d�coration pittoresque, mais toujours tr�s sobre. En dehors de son encorbellement lat�ral, au dessin d�une magnifique puret�, certains trouveront probablement cet �difice d�une trop grande simplicit�, mais on ne peut lui d�nier une authentique �l�gance !
Nous ne serons pas �tonn�s de retrouver, ici encore, d�importants panneaux de c�ramique, et d�autant plus que l�art arabe a souvent fait appel � la fa�ence avec une grande abondance. Mais nos deux architectes eurent l�id�e originale de ne pas opter pour une couleur trop affirm�e, et de faire appel � des artistes nouveaux dans le domaine : Gentil et Bourdet, dont la sp�cialit� allait rapidement devenir la mosa�que de gr�s, qui allait leur assurer un succ�s assez consid�rable, et jusqu�� la p�riode de l�Art D�co.
Le r�sultat est paradoxalement assez sobre, parfaitement fondu dans le paysage urbain, et dans la continuit� de ces sympathiques �folies� architecturales qui firent longtemps la r�putation du hameau Boileau, s�ouvrant � la droite de l�h�tel Danois.