10 rue de Bretagne (3e arrondissement)


Le tout dernier �difice de Guimard, avant la Premi�re Guerre mondiale, fut con�u pour M. Franck, demeurant 33, boulevard d�Argenson � Neuilly-sur-Seine, � l�angle de la rue de Saintonge. C�est d�ailleurs sur cette seconde voie que cet immeuble de bureaux fut d�clar�. Mais la publication de la demande de permis, du 21 janvier 1914, ne mentionne aucun architecte. Le dossier de voirie, naturellement cherch� dans les cartons de la rue de Bretagne conserv�s aux Archives de Paris et jusqu�ici consid�r� comme perdu, se trouve donc assur�ment class� � la rue de Saintonge.











L��uvre appara�tra d�cevante, tant elle est franchement d�pourvue de d�cor, y compris sur un dessus de porte cruellement nu, qui semble encore attendre quelques-uns de ces jolis �coquill�s� dont Guimard connaissait bien la recette. Heureusement, les parties hautes de l��difice sont joliment dessin�es, et quelques fontes discr�tes viennent rappeler, devant plusieurs fen�tres, le ma�tre qu�avait longtemps �t� leur auteur.
Malheureusement, la guerre �clata rapidement, for�ant propri�taire et architecte � revoir leurs ambitions � la baisse � la fin du conflit. En mars 1919, l�immeuble n��tait toujours pas termin�. Et tout porte � croire qu�il le f�t ensuite un peu h�tivement.











A l�int�rieur, les espaces communs sont mesquins, les escaliers incroyablement �troits, les mosa�ques pratiquement indigentes. Seule la cage d�ascenseur - en fait, un monte-charge - garde une certaine allure, que commandait l�usage essentiellement �conomique de l��difice.
Toutes ces observations ne doivent pas nous emp�cher de deviner quelque chose de tr�s �mouvant dans cet ouvrage, con�u � une �poque troubl�e, et trop vite termin�. La fin d�un monde heureux s�annon�ait. Et le drame de la guerre est tout entier perceptible dans ce portrait �vident de la d�sillusion, comme une derni�re page douloureusement tourn�e avant le nouvel espoir des ann�e 20.