29 boulevard de Courcelles (8e arrondissement)


Cette grande et massive fa�ade de pierre n'attire pas toujours l'attention au premier regard. Ses r�f�rences au rococo sont si �videntes qu'on pourrait en n�gliger les beaux d�tails Art Nouveau : sculpture florale de Rouilli�re, ferronneries r�p�titives mais d�licates, ondulation d�licieuse de l'�l�vation, magnifique dessin des fen�tres sous comble.
Xavier Sch�llkopf, architecte d'origine russe, est avec Jules Lavirotte l'un des ma�tres de la veine baroque de l'architecture 1900. Tout comme son confr�re, il n'a pas �norm�ment construit. Et, malheureusement pour lui, ses �uvres les plus importantes, les h�tels Sanchez de Larragoiti (avenue d'I�na) et Guilbert (avenue Berthier), ont �t� d�figur� ou d�truit. Il nous reste n�anmoins cet important immeuble, un peu plus tardif, construit pour Mme Bertrand. Celle-ci d�posa sa demande de permis de construire le 30 mars 1901. Un peu plus d'un an auparavant, le 7 mars 1900, propri�taire et architecte s'�taient d�j� associ�s pour la sur�l�vation de la propri�t� adjacente, 90 boulevard Malesherbes, et Sch�llkopf y dessina un escalier qui ressemble beaucoup � celui du boulevard de Courcelles.





Car, peut-�tre plus que la fa�ade, ce sont les espaces communs qui se r�v�lent ici remarquables, en particulier la somptueuse d�coration de l'all�e carrossable qui permet, en contournant enti�rement la loge du concierge, de d�poser les invit�s - au sec - devant un extraordinaire vestibule. Jolie id�e d'architecture fonctionnelle ! La cage d'escalier, adoptant la forme ondulante d'une sorte de haricot, laisse d�border de sa rampe en fer forg� des fleurs de chardon - qui partage avec l'iris la riche ornementation de cet int�rieur -, o� se cachent po�tiquement les ampoules �lectriques.
Rouilli�re fut le sculpteur fid�le de Scho�llkopf, et avait dessin� pour lui l'extraordinaire fa�ade et l'impressionnant escalier en pierre de l'h�tel de la chanteuse Yvette Guilbert. Par la qualit� de son travail, il m�riterait amplement de partager la paternit� de cet immeuble, dont la taille constituait un d�fi d�coratif tout � fait consid�rable, et bien plus difficile que pour un plus modeste h�tel particulier.