
Voici enfin un joli �difice dans le IXe arrondissement ! La raret� de l�Art Nouveau dans ce quartier s�explique par le fait qu�il poss�dait un urbanisme d�j� tr�s dense en 1900 et que, parmi les nouvelles constructions, le Modern Style n�y eut jamais - comme ailleurs - que les miettes du march�, pourtant tr�s important.
L�architecte Charles Goujon a eu une notori�t� bien r�duite. Il avait pourtant �t� laur�at du Concours de fa�ades de 1903, pour un immeuble de la rue Damr�mont, soit en m�me temps que Charles Klein, auteur de l�impressionnant chef-d��uvre de la rue Claude-Chahu.

Deux ans plus tard, le 21 novembre 1905, Goujon fit publier une demande de permis pour un charmant immeuble au 22, rue de Mogador, � l�angle du 85, rue de la Victoire - o� se trouve d�ailleurs l�acc�s � l�int�rieur de l��difice -, dont il �tait �galement le propri�taire. Les rues �tant assez �troites, il prit le judicieux parti d�animer ses fa�ades par une alternance de trav�es droites et de trav�es arrondies, ces derni�res �tant couronn�es par d�amusantes fen�tres rondes, surmont�es de frontons.
Le d�cor sculpt�, sans �tre exceptionnel, est d�une louable d�licatesse, notamment dans les visages f�minins visibles � l�angle des deux rues, sous forme de m�daillons enguirland�s ou d�ornements de consoles.

La porte d�entr�e aurait pu faire l�objet d�une composition int�ressante. Mais l�architecte, et son ornemaniste, rest�rent bien sagement dans le domaine floral, appliqu� � des formes un peu convenues. Les ferronneries �chappent d�ailleurs au monde de l�Art Nouveau, tant sur cette porte que pour tous les garde-corps des fen�tres.