



Une de mes plus r�centes d�couvertes fut cet immeuble � l'angle de l'avenue d'Italie et de la rue de Tolbiac. Je l'ai surnomm� la "Maison des bouches", � cause de sa d�coration sculpt�e tr�s singuli�re, principalement constitu�e de t�tes humaines, criant, riant ou paraissant pleurer, ne se singularisant v�ritablement que par l'expression de leurs bouches. Une intention symbolique para�t �vidente, m�me s'il est possible de la trouver un peu obscure.
L'�difice est sign� et dat� "G. Just et E. Denis / architectes / 1901". Selon la demande de permis de construire, du 25 mars 1901, le propri�taire s'appellait Volbold, et habitait 13 rue Saint-Jean, � Dreux (Eure-et-Loire). Les deux architectes, pour leur part, habitaient dans le voisinage, au 66 avenue d'Italie.
Le dessus de la porte d'entr�e donne le ton de la maison, avec ce jeune homme ouvrant grand la bouche. Il s'agit d'un portrait �vident, et le sculpteur a volontairement montr� ses dents et d�taill� ses m�ches de cheveux, ainsi que sa barbiche mal peign�e !
Le vestibule, qu'on peut apercevoir au travers de la porte vitr�e, cache une autre surprise : quatre panneaux de mosa�ques murales, tr�s lointainement inspir�s par le c�l�bre affichiste Mucha. Sur le sol des parties communes de ce rez-de-chauss�e, d'autres mosa�ques sont �galement visibles. Mais, l�, de toute �vidence, leur auteur semble avoir consult� le luxueux album publi� en 1898 par Hector Guimard sur le Castel B�ranger, cet immeuble construit rue La Fontaine (16e arrondissement), qui le fit conna�tre au public et lui assura imm�diatement une certaine c�l�brit�. Sans �tre des emprunts au sens propre du terme, ses motifs sont tr�s comparables aux fameux coups-de-fouet guimardiens ! N�anmoins, l'accumulation des d�tails, la complication de chaque panneau, ainsi que l'apparition d�routante de quelques iris trop r�alistes, permettent d'avoir l'assurance que Guimard lui-m�me n'a aucun rapport avec cette cr�ation. Ses propres mosa�ques de sol �taient beaucoup plus sobres, et leur composition �tait mieux �quilibr�e. Nous �voquerons d'ailleurs un autre jour un autre immeuble o� le m�me mosa�ste a r�alis� un pastiche similaire, peut-�tre un peu mieux r�ussi.