14 place Adolphe-Ch�rioux (15e arrondissement)


L�immeuble fut command� par une veuve, Mme Fontaine, qui en fit publier la demande de permis le 30 d�cembre 1901. Elle avait confi� les travaux � Henri Ragache (1848-1929), un architecte parisien assez productif, mais dont les �uvres sont malheureusement tr�s in�gales. Il eut heureusement l�occasion de r�aliser quelques petits bijoux, et celui-ci n�est pas le moindre.
Propri�taire et architecte habitaient tous deux dans les environs imm�diats. A l'�poque, Ragache �tait associ� avec Th�odore Sorets fils, et leur agence employait �galement ses deux fils. Mais, apparemment, il s'autorisa seul � signer toutes les r�alisations faites sous son autorit�.

De loin, la fa�ade para�t assez conventionnelle. Constitu�e de trois trav�es, dont celle du centre est en saillie, elle serait d�une sym�trie parfaite si le rez-de-chauss�e ne perturbait pas un peu son tr�s classique agencement.









Mais, dans le d�tail, la fantaisie est totale, singeant les formes acad�miques pour les �moderniser� avec une certaine dose d�insolence. Car rien n��chappe ici � la sauce Art Nouveau, tant dans l�arrondissement des lignes que dans toute la sculpture florale, en grande partie d�di�e au tournesol. Tout est rond, tout est courbe, mais tout reste �l�gant, en conformit� parfaite avec le caract�re assez bourgeois du quartier.

Pour d�corer la porte, l�ornemaniste - malheureusement rest� anonyme - a imagin� une sorte d�ange, dont les ailes tr�s stylis�es s�abaissent presque jusqu�au trottoir, se terminant en gerbes v�g�tales. Est-ce un ange fun�bre, qui �voquerait le veuvage de la commanditaire ? La figure para�t triste, en effet, et pourrait �tre un portrait. Mais, si nous interpr�tons ainsi cette d�licieuse et surprenante figure, l�entr�e de cet immeuble �voquerait alors la porte d�un tombeau ! Ceci n�est pas courant, il faut bien l�admettre, et n�est pas sp�cialement engageant. Mais cela nous a valu une cr�ation tr�s originale et po�tique, �trange, troublante m�me, malgr� la trop grande proximit� de l�enseigne, assez hideuse, du salon de coiffure qui occupe le rez-de-chauss�e. Il devait y avoir une charmante boutique, en 1902. Mais elle a disparu depuis longtemps...