
L�on Benouville fut l�h�ritier d�une belle famille d�artistes, � laquelle avait appartenu, plus t�t dans le XIXe si�cle, un tr�s bon peintre classique, Achille Benouville. Principalement occup� � la restauration de monuments historiques, il s�engagea n�anmoins tr�s t�t dans l�aventure de l�Art Nouveau. Malheureusement, il devait s�y illustrer pendant trop peu d�ann�es, puisqu�il mourut d�s 1903. Il eut malgr� tout l�occasion de r�aliser plusieurs beaux �difices, dont un immeuble pr�s du march� de Versailles, et de concevoir d�int�ressants ensembles mobiliers, certains reconnaissables � leurs excroissances noueuses et des incrustations de m�tal, d�autres volontairement tr�s simples, destin�s � une client�le ouvri�re.
L�architecture de Benouville se caract�rise toujours par une constante simplicit�, de beaux parements nus, un d�cor mesur�, des ferronneries au dessin viril et toujours original. En bon h�ritier du rationalisme, il afficha toujours sa dette envers la le�on m�di�vale de Viollet-le-Duc.


Ainsi, cet immeuble de la rue de Tocqueville, voisin de celui que Charles Plumet construisit � la m�me �poque. M. Reyrel, demeurant 21, avenue Victor-Hugo, � Boulogne, en �tait le commanditaire. La demande d�autorisation de construire fut publi�e le 18 f�vrier 1897.

L��difice trahit clairement une influence nettement m�di�vale, caract�ris�e par son apparence massive, ses d�cors sculpt�s enserr�s dans des compartiments, ou sa porte aux lourds vantaux de bois, � peine anim�s par des vitraux floraux tr�s stylis�s. A l�arri�re, sur la rue L�on-Cosnard, l�architecte a dessin� une belle porte de garage, dont un autre exemplaire orne toujours son majestueux immeuble de la rue Spontini, �difi� en 1899.