14 rue d�Abbeville (10e arrondissement)


Deux curieux animaux nous regardent, depuis le beau balcon � colonnes qui couronne le bow-window central d�un bien curieux immeuble. Mais ce hibou et cette chauve-souris, paraissant surveiller les all�es et venues des passants dans la rue, sont-ils plus inqui�tants qu�amusants ?
Albert et Ed. Autant ont dessin� cet �difice pour Mme Balli, qui en demanda le permis de construire le 25 mai 1900. Le p�re et le fils furent assez peu souvent associ�s, Albert restant l�architecte le plus productif des deux. Mais, s�ils collabor�rent quelques fois avant 1900, l�immeuble de la rue d�Abbeville fut leur derni�re �uvre commune, et la seule qui ait permis � leur nom d��tre parvenu jusqu�� nous, gr�ce au joli succ�s qu�elle rencontra dans la presse contemporaine.














En soi, la structure g�n�rale de l��difice appara�t d�une grande simplicit�, affichant m�me ouvertement sa stricte sym�trie. A cela, rien de v�ritablement �tonnant, puisque l�a�n� des Autant semble avoir commenc� sa carri�re d�s la fin des ann�es 1870, soit � une �poque o� un solide bagage classique suffisait � faire un bon architecte. Mais l�encorbellement central est enti�rement recouvert d�un imposant d�cor en gr�s flamm�, �uvre de l�incontournable Alexandre Bigot, qui simule une jungle touffue, faite de gigantesques fleurs et feuilles d�un vert profond et glauque. Le traitement assez rustique de cette v�g�tation lui garde son caract�re de sculpture, tout en lui ajoutant un aspect sauvage, presque effrayant. Ailleurs, les balcons portent des ferronneries d�un dessin tr�s complexe, comme la porte d�entr�e, figurant des tiges de chardons, �panouies et fleuries sur son large linteau. On retrouve le m�me motif dans la belle bordure en mosa�que du vestibule, seul ornement un peu riche d�un espace volontairement sobre.