
La porte de cette maison m�intrigue depuis... au moins vingt ans ! Malheureusement, les documents d�archives sont assez difficiles � interpr�ter, � supposer qu�il y ait eu une modification dans la num�rotation des maisons, au fil des ann�es. Car il n�existe aucune demande de permis pour le n�11. En 1895, une demande a �t� faite pour le n�5, mais l�architecte n�est pas d�sign�, et en 1902, Gravereaux et Judlin ont fait un projet pour le n�15. Point final.

L�immeuble est assez simple, avec de belles ferronneries industrielles. N�anmoins, il se singularise par de jolis dessus-de-fen�tres, sculpt�s de jolis motifs Art Nouveau, finement sculpt�s. Ils �voqueraient presque, mais en un peu plus fade, les jolis impostes vitr�s dessin�s par Guimard dans diff�rents �difices de sa grande p�riode, en particulier au Castel Henriette, � S�vres. De comparables motifs, simples coups-de-fouet, ornent les diff�rents frontons de la toiture.


Mais la porte reste l��l�ment le plus int�ressant. Et le plus intriguant. Tr�s sobre, elle est presque enti�rement faite de barres de fer issues de l�industrie, tordues suivant des motifs typiquement 1900. Guimard, pour ne pas le citer encore une fois, fit de m�me, au Castel B�ranger d�abord, mais de fa�on beaucoup plus comparable avec la marquise de la villa Desagnat, � Saint-Cloud - malheureusement d�truite, la porte du jardin ayant seule �t� sauv�e de la d�molition, appartenant aujourd�hui au mus�e d�Orsay. La composition est simple, efficace, et le principe du m�tal tordu est g�n�ralis�, sauf sur la partie basse, o� deux plaques de m�tal ont �t� tr�s joliment d�coup�es, suivant un motif parfaitement guimardien, d�un parfait �quilibre
Avec les ann�es, ma conviction a chang� : l�auteur du Castel B�ranger n�a probablement pas dessin� cette jolie porte. Certains d�tails, comme la plupart des angles, sont trop sommairement trait�s. Or le dessin guimardien est essentiellement angulaire, les angles �tant une source constante de contre-courbes, de ruptures, de nouveaux d�parts de lignes. Il nous faut donc penser ici � un habile imitateur. Mais, contrairement au mosa�ste d�j� rencontr� deux fois (avenue d�Italie, puis avenue Daumesnil), le cr�ateur de cette ferronnerie a fait �uvre originale, et de fa�on suffisamment convaincante pour jeter le trouble dans nos esprits.