
Il n�est pas tr�s ais� de retrouver la mention de ces immeubles dans les demandes de permis de construire. L�un, d�clar� au n�4, a �t� command� par M. Durafour, le 3 avril 1913 ; il s�agit du b�timent portant aujourd�hui le n�6 ; et l�autre peut sans doute �tre reconnu dans l��difice projet� pour la Soci�t� civile immobili�re Duguay-Trouin, au n�5 d�une rue nouvelle (proche du n�113 boulevard Raspail), le 1er mars 1912, puisque la rue Huysmans d�bouche effectivement sur la rue Duguay-Trouin.
Henri Preslier fut un architecte s�duisant et aimable, auteur de constructions tr�s soign�es, m�me lorsqu�il s�agissait de projets modestes. Il eut, h�las, la malchance d�avoir �t� trop jeune pour participer � la naissance du style 1900, ne commen�ant sa carri�re qu�� partir de 1906. Il fut donc un bel adepte de l�Art Nouveau tardif, le plus souvent caract�ris� par des compromis avec l�architecture traditionnelle, avec laquelle il op�re une fusion souvent int�ressante, mais g�n�ralement priv�e d�une vraie profondeur. L�ornement n�est alors plus au service d�une intention de renouvellement g�n�rale de la construction, mais une simple d�coration plaqu�e, destin�e � flatter l��il du passant.

Les �difices de la rue Huysmans sont la parfaite d�monstration du savoir-faire de Preslier. D�un point de vue purement architectural, ils ne r�clament gu�re de commentaire particulier, se conformant � la belle architecture bourgeoise en usage � Paris depuis plusieurs d�cennies, en grande partie sym�trique, faisant simplement usage des bow-windows pour animer le plan de fa�ade, � peine singularis�e par de modestes frontons d�inspiration m�di�vale. L�ann�e qui s�pare les deux chantiers ne laisse pas remarquer de notable �volution de l�un � l�autre.


Le d�cor ext�rieur de l�immeuble de 1913, au n�6, est consacr� � la vigne, dont les grappes figurent sur toutes les parties traditionnellement r�serv�es � la sculpture ornementale, notamment autour de la porte d�entr�e o� la composition est agr�ment�e de deux de ces courtes colonnes lat�rales qu�on retrouve fr�quemment dans le Paris de l�Art Nouveau. De son c�t�, la fa�ade du n�8, dat�e de 1912, privil�gie le chardon ; celui-ci permet de belles courbes v�g�tales, compensant le dessin plus traditionnel de l�entr�e de l�immeuble par un v�ritable raffinement dans l�ex�cution, aux effets r�ellement po�tiques.


Mais ces constructions brillent surtout pour la beaut� et l�originalit� de leurs vestibules, qu�on peut parfaitement apercevoir depuis la rue, au travers des vitres. Dans le plus ancien, deux beaux paysages maritimes de style n�o-impressionniste sont tr�s gracieusement int�gr�s dans de riches boiseries. Le vestibule le plus r�cent n�a pas de d�cor peint, mais un subtil agencement de panneaux, reli�s par des sculptures ornementales en forte saillie, et o� des pans coup�s orn�s de miroirs concourent � cr�er un espace intime et raffin�. On ne s��tonnera pas d�y retrouver la vigne et le chardon, comme un rappel du d�cor des fa�ades.