THOMAS FERSEN : " L' enfant sorci�re "





Elle �tait l'enfant d'une famille tr�s orthodoxe et fi�re

D'une prem�re union, elle ne voulait pas dire sa pri�re,
A l'�glise, elle avait peur de l'homme noir dans sa chaire.

Et comme elle montrait cette aversion pour le service divin,
Elle fut confi�e � l'homme noir, un homme dur, afin
Que le Seigneur p�t conduire son oeuvre triste � bonne fin.

Sous les ronces et le lierre est la tombe de l'enfant sorci�re.

Refusant le plan con�u pour elle par l'Insondable Ma�tre,
Elle s'est enfuie, on l'a trouv�e en haut du bois de h�tres,
Son habit de p�nitente avait pass� par-dessus t�te.

Elle fascinait les truites prudentes de la rivi�re,
Charmait les oiseaux, menait son jeu avec une vip�re,
Elle fut reprise et enferm�e au presbyt�re.

Sous les ronces et le lierre est la tombe de l'enfant sorci�re.

Elle se glissa dehors, enfant de f�e ou de lutin,
Dans une petite fosse creus�e dans les haricots du jardin,
On l'a retrouv�e mouill�e de ros�e du matin.

Il y a eu grande tristesse parmi notre petit nombre
Au moment o� le cercueil allait descendre dans la tombe,
On a entendu un cri venant du royaume des ombres.

Par la chirurgien, le couvercle de bois fut enlev�,
En nous regardant, la petite morte lentement s'est lev�e,
Poursuivie par les enfants, comme une chatte s'est sauv�e.

Elle s'est effondr�e sans vie en haut, en haut du bois de h�tres.
Les enfants l'ont cajol�e dans l'espoir de la faire renaitre,
Le sacristain dans le vent faisait r�sonner sa clochette

Sous les ronces et le lierre est la tombe de l'enfant sorci�re.